Zodiac, l’insaisissable tueur en série qui sévit à la fin des années 60 et répandit la terreur dans la région de San Francisco, fut le Jack l’Eventreur de l’Amérique. Prodigue en messages cryptés, il semait les indices comme autant de cailloux blancs, et prenait un malin plaisir à narguer la presse et la police. Il s’attribua une trentaine d’assassinats, mais fit bien d’autres dégâts collatéraux parmi ceux qui le traquèrent. Ceci est la chronique de sa traque qui s’étire sur deux décennies…
Les tueurs en série sont nos modernes cow-boys. Au lieu de coiffer un Stetson, les enfants enfilent le masque de Jason. Et, comme les vachers il y a un demi-siècle, les serial killers de cinéma sont fatigués, ils font plus souvent rire que peur. On se demandera donc ce qui a pris au cinéaste américain David Fincher de revenir sur un territoire qui fit naguère sa gloire, au temps de Se7en (1995).
A la fin des deux heures et demie que dure Zodiac, la réponse est évidente. Cette mythologie de peur et de désir - ce mélange inextricable de sexe et de sang qui a si bien prospéré aux Etats-Unis - méritait qu'on la remette en scène une fois encore, en lui offrant ce que les fées du cinéma lui avaient jusqu'ici refusé : la lucidité, l'intelligence et la patience.